Leito@bw.heraut.eu reviewed Nanbanjin by Taiyō Matsumoto
Nanbanjin
4.0 stars
Parmi les grosses sorties BD de cette année se trouve ce diptyque-miroir entre deux grands dessinateurs contemporains qui racontent la même histoire de points de vue opposés : d'un côté Cyril Pedrosa raconte le naufrage d'un marin portugais sur les côtes d'un Japon quasiment coupé du monde au XVIe siècle ; et sur l'autre face, dans le sens de lecture japonais, le prolifique Taiyou Matsumoto raconte cette même rencontre du point de vue des japonais qui voient arriver ce géant roux aux vêtements et aux armes étranges. On est dans un tout autre registre, mais le procédé m'a fait penser aux deux films de Clint Eastwood Mémoire de nos pères et Lettres d'Iwo Jima qui racontent la même bataille du point de vue des deux camps.
On peut choisir de lire l'une ou l'autre version en premier, mais il faut bien lire les deux sans craindre la redite, car …
Parmi les grosses sorties BD de cette année se trouve ce diptyque-miroir entre deux grands dessinateurs contemporains qui racontent la même histoire de points de vue opposés : d'un côté Cyril Pedrosa raconte le naufrage d'un marin portugais sur les côtes d'un Japon quasiment coupé du monde au XVIe siècle ; et sur l'autre face, dans le sens de lecture japonais, le prolifique Taiyou Matsumoto raconte cette même rencontre du point de vue des japonais qui voient arriver ce géant roux aux vêtements et aux armes étranges. On est dans un tout autre registre, mais le procédé m'a fait penser aux deux films de Clint Eastwood Mémoire de nos pères et Lettres d'Iwo Jima qui racontent la même bataille du point de vue des deux camps.
On peut choisir de lire l'une ou l'autre version en premier, mais il faut bien lire les deux sans craindre la redite, car c'est des nuances, des ajouts et des légères variations que le récit prend tout son intérêt. Et également pour le plaisir de sentir les infinies possibilités de la bande-dessinée tant les propositions des deux auteurs sont différentes, et font ressortir par contraste leur talent et leurs points forts respectifs.
Ainsi on sent un Pedrosa habile à varier les palettes, faire vibrer les formes et installer de grandes pages ou doubles pages, face à un Matsumoto virtuose du découpage et du rythme, plus enclin aux gros plans et qui se contente d'une palette très restreinte. Deux dessinateurs au dessin très expressif mais chacun à sa manière.
Même s'il ne s'agit pas d'une compétition, chacun.e sortira inévitablement de cette lecture avec une légère préférence pour l'une ou l'autre version, selon l'ordre de lecture ou les préférences esthétiques, mais quoi qu'il en soit, avec une preuve supplémentaire des très belles œuvres que peut encore produire la bande-dessinée.