Ameimse reviewed Et ainsi depuis toujours by Sydney J. Van Scyoc
Et ainsi depuis toujours
4.0 stars
Une nouvelle initialement publiée en 1973, et que l'on retrouve ce mois-ci dans la toujours intéressante "dyschroniques" du passager clandestin (www.lepassagerclandestin.fr/collections/dyschroniques/), par une autrice très peu traduite en France, Sydney J. Van Scyoc.
Le titre de la nouvelle, "Et ainsi depuis toujours", désigne d'abord le fonctionnement de la vie sur une planète distante de la Terre ; une vie avec son rythme propre, allant au fil des saisons et de l'astre solaire autour duquel la planète tourne. Mais celle qui est fraîchement nommée "New Powell" voit l'arrivée de colonisateurices humain·es tout droit venu·es de leur propre planète qu'iels ont dévastée. "Et ainsi depuis toujours" peut alors également désigner en parallèle un certain rapport à la terre que ces Étatsuniens vont reproduire, héritage de leur propre civilisation.
Sydney J. Van Scyoc rejoue en effet dans l'espace, en les confrontant à une vie extraterrestre, une histoire qui n'a …
Une nouvelle initialement publiée en 1973, et que l'on retrouve ce mois-ci dans la toujours intéressante "dyschroniques" du passager clandestin (www.lepassagerclandestin.fr/collections/dyschroniques/), par une autrice très peu traduite en France, Sydney J. Van Scyoc.
Le titre de la nouvelle, "Et ainsi depuis toujours", désigne d'abord le fonctionnement de la vie sur une planète distante de la Terre ; une vie avec son rythme propre, allant au fil des saisons et de l'astre solaire autour duquel la planète tourne. Mais celle qui est fraîchement nommée "New Powell" voit l'arrivée de colonisateurices humain·es tout droit venu·es de leur propre planète qu'iels ont dévastée. "Et ainsi depuis toujours" peut alors également désigner en parallèle un certain rapport à la terre que ces Étatsuniens vont reproduire, héritage de leur propre civilisation.
Sydney J. Van Scyoc rejoue en effet dans l'espace, en les confrontant à une vie extraterrestre, une histoire qui n'a rien d'original dans l'histoire de la Terre. Elle raconte comment la logique propriétariste exclusive des colonisateur·ices (la doctrine occidentale moderne de la propriété) va se heurter à une forme de vie pour qui l'idée d'appropriation ne fait aucun sens, et combien elle empêche de penser toute cohabitation. Clôturer, contrôler, exploiter des terres que l'on a désignées comme étant "à soi", sans hésiter à se confronter à tout ce qui ne saurait admettre une telle territorialité : "Je n'aurais pas plus d'égards pour une autre espèce indigène si elle surgissait sur notre territoire", précise le chef de la mission - écho colonial, soulignant combien cette histoire qui se déroule dans un espace extraplanétaire reproduit des histoires, bien terrestres, passées. L'intérêt du monde imaginé tient également au fait que la vie à laquelle les humain·es vont se confronter tente d'y poursuivre son cours, malgré ces nouveaux obstacles.
Une nouvelle efficacement construite invitant à questionner la portée de notre rapport au vivant comme à la terre.