Ameimse reviewed Elliot du néant by Sabrina Calvo
Elliot du Néant
5 stars
Islande, les années 1980. Un champ de lave, une école, la disparition de son concierge autiste. Des tortues, le Ptyx, un morse. Le Néant. Au milieu de ces décors, il y a le narrateur, un français expatrié, rappelé dans l'établissement scolaire où il a enseigné un temps pour se retrouver associé à la tentative de résolution du mystère de la chambre vide du concierge octogénaire.
Esquisser en quelques mots une présentation d'"Elliot du Néant" laisse entrevoir combien il s'agit d'un livre qui défie toute classification. Dans une prose tour à tour fabulatrice et puissante, émouvante et fragile, poétique et cartoonesque, Sabrina Calvo livre un récit riche et foisonnant, enchaînant les registres et entremêlant les références pour construire une ambiance à part, impossible à catégoriser. Des figures du folklore islandais aux ordinateurs en réseau dans le contexte technologique des années 1980, cela donne un récit métaphorique et artistique, au sein …
Islande, les années 1980. Un champ de lave, une école, la disparition de son concierge autiste. Des tortues, le Ptyx, un morse. Le Néant. Au milieu de ces décors, il y a le narrateur, un français expatrié, rappelé dans l'établissement scolaire où il a enseigné un temps pour se retrouver associé à la tentative de résolution du mystère de la chambre vide du concierge octogénaire.
Esquisser en quelques mots une présentation d'"Elliot du Néant" laisse entrevoir combien il s'agit d'un livre qui défie toute classification. Dans une prose tour à tour fabulatrice et puissante, émouvante et fragile, poétique et cartoonesque, Sabrina Calvo livre un récit riche et foisonnant, enchaînant les registres et entremêlant les références pour construire une ambiance à part, impossible à catégoriser. Des figures du folklore islandais aux ordinateurs en réseau dans le contexte technologique des années 1980, cela donne un récit métaphorique et artistique, au sein duquel différentes temporalités se déploient. Dans le sillage d'un personnage principal à la perspective de plus en plus décalée, le roman nous entraîne dans une quête : une quête de sens, sur fond de crise existentielle, où il est question de vie, de mort, de regrets et de ce qui définit chacun·e. Il y a quelque chose de très personnel, intime, touchant aussi, dans la manière et les détours que prend le récit. Aux passages introspectifs succèdent des fulgurances esthétiques, entrecoupées de saillies ésotériques : c'est un roman littéraire et visuel, les mots s'y savourent autant que les images et perspectives qu'ils créent et projettent dans l'esprit des lecteurices.
Un livre, accompagné -ou hanté- par le poète Stéphane Mallarmé, qui m'a remuée et émue, mais aussi fascinée, déroutée de façon jubilatoire, voire même grisée, tout au long de son exécution. Je continue donc toujours avec beaucoup plaisir mon exploration de la bibliographie de Sabrina Calvo.